MONGOLIE

2016

La Mongolie m'offre un terrain d'aventure extraordinaire pour 2 mois. A Oulan-Batar je me prépare pour un périple qui me fait rêver depuis longtemps. Aller dans la Taïga à l'extrême Nord, à la rencontre du peuple des rennes, les Tsaatans. Pour cela je me procure des cartes de la régions, du gaz, des vivres alimentaires en plus de mon équipement déjà étoffé en Chine et en Corée du Sud (tente une place très légère et popote). J'arrache aussi les pages de mon lexique franco-mongole pour pouvoir communiquer, un minimum. Et ce sera très utile pour les longues soirées auprès du feu. 

Cette rencontre se mérite, pour cela je décide d'y aller à pied depuis la pointe Sud du lac Kovsgol, soit environs 7 à 8 jours de marche en autonomie complète jusqu'à Tsaaganur, point de départ pour la Taïga. De Tsaaganur, un guide m'emmène à dos de cheval au camp de tsaatans. Mon souhait, y rester 8 jours.

Les  tsaatans, peuple des rennes, vivent de façon nomade dans la Taïga et se déplacent au rythme des pâtures pour leurs rennes et des saisons. Il vivent en connexion totale avec la Nature, dormant à même la mousse et le lichen de la forêt sous des tipis. Ils vivent de leurs troupeaux, buvant leur lait, mais aussi du tourisme. Les curieux prennent une jeep jusqu'à Tsaaganur, puis arrivent pour passer une nuit dans la Taïga. Ils achètent un peu d'artisanat, et repartent avec de belles photos. 

Encore une fois, l'ostéopathie est un bon moyen d’échanges et de rencontres. En arrivant, mon guide qui à déjà eu le droit à un soin, explique pour moi ce que je fais. Le soir même ma première patiente arrive dans le tipis sombre et s'allonge entre les creux et les bosses du sol irrégulier de la taïga. "Premier voyage". 

Les jours passent, entre séances et gorgées de thé au lait salé. Une boisson à la saveur des sous bois.

Les échanges se font par des regards et des sourires. On me prend par la main pour aller voir les rennes et manger des myrtilles. 

Après huit jours, j'espère que mon guide m'a oubliée. J'ai trouvé ici une famille. Je repars sur mon cheval la larme à l’œil. 

A la suite de ce voyage je parcours encore les steppes mongoles, testant mon endurance face aux éléments. La neige, le vent, le froid, la solitude des horizons. Et toujours des rencontres, des échanges. On ne laisse pas quelqu'un dans le besoin et le froid sans thé au lait, ni beurre!